A propos de Rose Harel,

 Poète Normande 1826-1885

www.rose-harel.org

 

Rose Harel : Portrait

Des Mots & des Pinceaux

"L'Alouette aux Blés"

"Fleurs d'Automne"

par Marie de Besneray

par Raymond Bazin

par Raoul Jacquemin

par Alexandre Massé

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Normande ... Tisserande ... Servante ... et toute sa vie Poète !

   

Lithie par E. Poutrel d'après une Photoie de J.Doesnard

 

 

 

"Tisserande en bas, dans la cave où la pauvreté cingle son courage, elle est poète là-haut, dans la houle des feuilles, quand l'été roussit les chênes, parmi les seigles qui ondulent en chantant le secret des saisons ... Dans une cave humide, Rose tissait de la toile..."Marie de Besneray.

"C’est une fantaisie étrange du destin,

D’avoir près d’un fuseau, mis un luth dans sa main..."

 

 

 - Je dédie ces pages et mes recherches aux habitants de Bellou, d'hier et d'aujourd'hui, NJ -

 

"Marie, Rose, Eugénie est née le 8 avril 1826 dans une "cabane de chaume gris, la plus modeste du village". Ainsi décrit-elle sa maison au Hameau de la Hamelinière, à Bellou Calvados, entre forêts et pommiers, en ce beau Pays d'Auge. Au lendemain, deux laboureurs attestent de sa naissance. Elle est "Fille naturelle" d'Eugénie, 26 ans, fileuse, de Bellou comme l'étaient ses aïeux... et voilà bien ce que nous savons.

 

Couramment nommée Eugénie, elle est affectueusement nommée "Jenny", et ce ne sera que vers l'âge de 18 ans qu'elle fera officiellement usage de son prénom de Rose, voire Rose Marie.

 

Sa mère est fileuse, ... fileuse et journalière parce qu'à quelque 6 kms cheminant bois et prés, se trouvent les manufactures textiles de Vimoutiers dans l'Orne. En cette première moitié du 19ème siècle, la production moyenne est de 15.500 pièces l'an, et dans un rayon de cinq lieues, la fabrication anime cinq mille métiers autour desquels vingt mille ouvriers s’affairent. Le textile, toiles de fils et cretonne, règne sur toute la région.

 

Il faut aller et venir pour s'approvisionner en fils et fournir. Vie aimante au foyer mais si dure au labeur. Un jeune frère ne semble pas survivre, et Pierre Alexandre, de 6 ans cadet de Rose, naît dans les champs alors même que sa mère s'en vient de Vimoutiers.  Rose et Pierre Alexandre seront fileurs avant de devenir tisserands. Et Rose plus tard décrira ce temps-là : "En grandissant on aidait à l'ouvrage, en apprenant à lire quelque peu; On était simple et naïve au village : On respectait ses parents, craignait Dieu" ("Autrefois" Fleurs d'Automne)

 

Et voici donc ce qui par Rose à ses amis en suite nous fut conté : "Rose est tisserande à Vimoutiers, lorsqu'elle apprend à lire presque seule vers sa treizième année. Plus tard, une amie complaisante lui donne des leçons d’écriture le soir".

Des années passent ... "Rose a trouvé un livre dans un grenier. Il est vieux, froissé, déchiré... Elle a rassemblé les pages, a recousu le dos, et dans un morceau de tablier bleu, lui a taillé une reliure de toile. Ce livre est le Télémaque. Rose, la déshéritée, a son premier ami. Désormais, Télémaque guide la jeune tisserande à travers le monde antique ... Et Rose se met à étudier, à l’âge de trente ans, l’histoire, l’antiquité grecque et romaine, la littérature européenne, la philosophie ..."

 

Devenue servante à Vimoutiers, puis à Pont l'Evêque puis à Lisieux, Rose a pris l'habitude de traduire dans l'ombre ses émotions en poésies. De cette petite servante, surprise un jour en "délit d'écriture", l'on se raille. Que lui importe puisqu'elle y trouve le bonheur.

 

Et comme il est un Dieu pour les poètes, Rose a fait la connaissance d'Adolphe Bordes, membre de la Société des Gens de lettres et de l’Académie de Caen, qui l’encourage dans ses essais. Il l'aide à rassembler ses textes, les réunit dans un volume dont il écrit la préface et le fait éditer au moyen d'une souscription publique. L'Alouette aux Blés" paraît en 1863, puis en 1865.

 

Rose est alors au service de Louis de Fougy, philosophe auteur de "Conseil à mes enfants", avec lequel elle s'entretient avec humilité et avidité intellectuelle. Ainsi, comme l'observe Louis de Veyrières "tantôt la cuisine de M. de Fougy est manquée, tantôt les Muses ont à se plaindre. Il y a parfois trop de feu d'un côté et pas assez de l'autre."... ce qui fera dire plus tard à propos de Rose dans un salon envieux :  "Une illettrée qui faisait des vers et brûlait ses sauces".

 

Par deux fois édité, "L'alouette aux blés" est un vrai succès littéraire dont la presse parle. Rose est "médaillée" et ses textes sont bientôt mis en musique et même chantés dans les goguettes, tel "Le Bonheur au Village" par Ch. Poisot publié dès 1866, "l'Enfant à sa mère", romance, paroles de Rose Harel, musique de R.A. Grisy.

 

En 1867, le classique Benjamin Godard compose une trentaine de musiques pour des textes qui représenteront la chanson française du 19ème siècle. Pas moins de 6 poèmes de Rose sont choisis. Ils sont : Le printemps, Fleur de vallon, La marguerite, L'amour, Pauvre bouton, La belle enfant.

 

Mais voici que bientôt la guerre gronde. Rose s'attriste et s'en retourne quelques années à Bellou... "On ne chante plus au hameau"...

 

©NJGJ@vimoutiers.net

 

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Portrait page 1 - Portrait page 2 - Portrait page 3

 

 

Visiter l'église de Bellou

Marcher dans la forêt de Moutiers-Hubert

Fabrication des toiles et cretonne à Vimoutiers

Les illustrations du Télémaque

Le Télémaque, manuscrit original

 

 

Bibliographie: "L'Alouette aux blés" et "Fleurs d'automne". Registres paroissiaux et d'Etat civil. Recensements. Monographie du sonnet par Louis de Veyrières. Rose Harel par Marie de Besneray, Raymond Basin, Raoul Jacquemin, Alexandre Massé. Une promenade lexovienne par Christiane Bouland et Claudine Quesnot. Bibliothèque électronique de Lisieux, University of Toronto libraries, Gallica, Google books.

 

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